Où  va l'université Marien Ngouabi ?

Jean-Rosaire Ibara, recteur de l’université Marien Ngouabi  navigue à contrecourant des standards universitaires internationaux

Les années passent. L’université Marien Ngouabi reste désespérément absente des classements mondiaux des universités. Elle n’apparait pas dans le Top 2000 des universités de Shanghai Academic Ranking of World Universities (ARWU), la référence en la matière, ni dans le Top 200 des meilleures universités africaines de « 2019 African University Ranking ». Par ailleurs, lors de la dernière session du CAMES à Bangui, on a vu comment certains enseignants de l’Université Marien Ngouabi (UMNG) ont été recalés. La situation de l’UMNG devrait préoccuper tous ceux qui ont à cœur de voir cette vénérable institution remonter la pente pour figurer parmi les meilleurs établissements d’enseignement supérieur d’Afrique. Ceci va inévitablement de pair avec l’adoption d’une éthique et des normes de qualité scientifique qu’il serait temps de prendre en compte. L’UMNG doit privilégier une gouvernance qui se conforme aux standards universitaires internationaux notamment en matière de recrutement des enseignants et des étudiants, de la recherche, de l’organisation des enseignements, des examens et concours, de la proclamation des résultats, etc. Il semble que parmi les dirigeants de cette université, tout le monde n’est pas du même avis, à commencer le recteur Jean-Rosaire Ibara en se référant à la violente colère qu’il a piquée en réponse aux propositions faites par courrier officiel par Firmin Kitsoro Kinzounza (Coordonnateur du PRCU et qui, à ce titre, a la qualité de conseiller), au Ministre de l’Enseignement Supérieur Jean Richard Bruno Itoua à propos des concours d’entrée à l’ENAM.

Pour rappel, les concours de l’ENAM ont souvent été entachés de forts soupçons de corruption. Afin d’améliorer l’organisation transparente des concours d’entrée à l’ENAM en 2019 le Coordonnateur du PRCU avait fait les propositions suivante :

  1. le jury délibère ;
  2. le jury proclame les résultats par ordre de mérite ;
  3. le jury affiche les résultats

Après avoir pris connaissance de ces propositions, le recteur a convoqué l’administration de l’ENAM le 23 septembre 2019. Au cours de cette réunion Jean-Rosaire Ibara s’est lancé dans une diarrhée verbale indigne de ses fonctions. En focalisant son acrimonie sur Firmin Kizoro Kinzounza, en se lançant dans une diatribe haineuse contre lui, allant jusqu’à décider la fermeture du bureau qu’occupe le PRCU dans cet établissement, le recteur a montré son ignorance des liens organiques de ce projet. Jean-Rosaire Ibara, déjà solidement empêtré dans le scandale de  mauvaise gestion du budget de l’UMNG, a transformé une divergence administrative en affaire personnelle voire ethnique, espérant ainsi rallier à lui les membres de son clan. Si ceux qui sont chargés de transmettre des valeurs à notre élite de demain en arrive à mettre l’émotion avant la raison, mon Dieu : quelle misère intellectuelle !

Au cours de la même réunion, du 23 septembre 2019, Jean Rosaire Ibara s’est prévalu de son siège au CAMES pour proférer des menaces envers un enseignant et l’évolution de sa carrière. Ceci en dit long sur la déontologie et les mœurs en vigueur dans cette institution : « la petitesse d’esprit ». Pendant des années, la subtilisation des pièces dans le dossier devant être envoyé au CAMES par l’université pour la promotion des enseignants n’était que du domaine des soupçons. Par cette manœuvre, l’examen du dossier incomplet était ajourné par cet organisme intergouvernemental privant ainsi des enseignants d’une promotion légitime. Au cours des années passées, plusieurs enseignants de différents établissements de l’UMNG ont été victimes de cette « bassesse », de ce « coup tordu ». Les propos du recteur Jean Rosaire Ibara ont dévoilé au grand jour ce qui beaucoup d’enseignants victimes de cette pratique pensaient.

Il revient donc à Jean Richard Bruno Itoua, Ministre de l’enseignement Supérieur de tirer toutes les conséquences propos indignes tenus lors de cette réunion du 23 septembre et de rétablir la crédibilité des concours de l’ENAM.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

  • 07 October 2019 | 13:10