Les ministres et divers responsables du CAMES interpellé pour...

Le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), est une institution panafricaine dont l’une des missions principales est d'instaurer une coopération et une coordination permanente en vue de gérer les problématiques de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation entre les pays membres. Créée en 1968, le CAMES compte à ce jour 19 États membres. Il a pour siège Ouagadougou et Secrétaire Général actuel, le Professeur  MBATCHI Bertrand.

On peut citer compte parmi ses nombreuses activités: l'harmonisation/l'équivalence et l'accréditation des diplômes, la supervision des concours d'agrégation et la titularisation, mise à disposition des plateformes numériques, etc. Bien qu'ayant obtenu en 50 ans d'existence des résultats encourageants consécutives à la mise en œuvre d'actions visant le renforcement de capacités favorables à l’implantation des programmes dans l’enseignement et la recherche; malheureusement des magouilles et le copinage observés dans le cadre des concours d'agrégation entament la crédibilité de cette institution. La preuve, la réunion des professeurs de la commission Éthique et déontologie du CAMES tenue du 16 au 18 avril 2019 a statué sur les manquements graves au code d’éthique et déontologie commis par plusieurs enseignants.  Conséquence, la 36ème session ordinaire du conseil des ministres du CAMES tenu à Cotonou du 28 au 30 mai 2019 a procédé au balayage des enseignants indélicats ; certains ont été rétrogradés, d’autres suspendus aux différents programmes pendant trois ans pour plagiat et fausse co-direction.

Dandi GNAMNOU, ex professeur titulaire de droit public à l’Université d’Abomey-Calavi de juillet 2018 à mai 2019 est aussi juge à la Cour Suprême du Bénin. Selon le CAMES, elle a fait usage de faux pour son inscription et obtention du grade de professeur titulaire alors qu’elle n’avait pas totalisée le délais requis de  trois ans au moins au grade de Maître de Conférences . Elle a en outre organisée une campagne médiatique pour dénigrer le CAMES. Elle a été déchue et rétrogradée au grade de Maître de Conférence agrégée.

Ibrahim David SALAMI professeur titulaire de droit public à l’Université d’Abomey-Calavi et Avocat au Barreau du Bénin a été accusé de plagiat par le professeur Philippe NOUDJENOUM. Il a été suspendu pour trois ans avec interdiction de siéger dans les instances de CAMES.

Dodzi KOKOROKO est Professeur titulaire de droit public et Président de l’Université de Lomé au Togo. Il est désigné comme le cerveau de l’affaire des «co -directions frauduleuses de Lomé ». Ces co-directions truquées ont permis à Mme Dandi GNAMOU d’obtenir irrégulièrement le grade de Professeur titulaire en juillet 2018.Suspendu pour trois (3) ans, Dodzi KOKOROKO est interdit de siéger dans les instances du CAMES et de participer à tous ses programmes. Plus grave pour le Président d’Université qu’il est, il est interdit de certifier et d’authentifier,pour le compte de l’Université de Lomé, les actes destinés au CAMES. Circonstance aggravante: avoir défié le CAMES, nargué ses instances et encouragé une campagne de presse contre l’Institution dont il porte pourtant fièrement les grades.

M. Adama KPODAR est Professeur titulaire de droit public et Vice-Président de l’Université de Kara au Togo. Impliqué dans l’affaire dite du «complot des rapporteurs», il était entré en intelligence avec M. Francisco Djedjro MELEDJE, Professeur titulaire à l’Université d’Abidjan,pour torpiller en juillet 2014 l’inscription d’un candidat sénégalais au grade de Professeur titulaire. Les deux complices avaient été trahis par leurs rapports siamois avec plusieurs copier-coller. Mais c’est pour son rôle actif dans un réseau de passeur et de torpillage de plusieurs universitaires togolais et étrangers que M. Adama KPODAR est suspendu pour trois (3) ans avec interdiction de siéger dans les instances du CAMES et de participer à ses programmes. Plus grave pour le vice-Président d’Université qu’il est, M. KPODAR est interdit de certifier et d’authentifier, pour le compte de l’Université de Kara, les documents destinés au CAMES Circonstance aggravante: avoir défié le CAMES, nargué ses instances et encouragé une campagne de presse contre l’Institution dont il porte pourtant fièrement les grades.

Francisco Djedjro MELEDJE, est Professeur titulaire de droit public et de science politique à l’Université Houphouët Boigny d’Abidjan. Complice de M. Adama KPODAR dans l’affaire dite du «complot des rapporteurs», M. Francisco Djedjro MELEDJE a aidé à faire échouer le candidat sénégalais. Son grand âge ne lui ayant été d’aucun secours, il a été confondu par son rapport qui ressemble trait pour trait au rapport de M. Adama KPODAR.M. Francisco Djedjro MELEDJE est sanctionné, lui aussi, pour son rôle actif dans le même réseau de passeur et de torpillage de plusieurs universitaires.Il est suspendu pour trois (3) ans avec interdiction de siéger dans les instances du CAMES et de participer à ses programmes.

Augustin Marie-Gervais LOADA est Professeur titulaire de science politique à l’Université Ouaga II au Burkina Faso et Président du CTS Sciences juridiques et politiques. Présumé complice des universitaires sanctionnés, visé par plusieurs plaintes de ses collègues et fragilisé par les délibérations du CTS qu’il a présidés,Augustin LOADA est considéré comme le bras opérationnel du réseau au sein du CTS Sciences juridiques et politiques. Depuis qu’il a pris les rênes du jury du CTS en juillet 2015, plusieurs cas d’injustice, plusieurs actes de vandalisme intellectuel ont frappé la carrière de jeunes chercheurs.

Les responsables du CAMES interpellé

Au moment ou nous mettons sous presse cette édition, nous apprenons de sources dignes de foi, le Congo Brazzaville serait dans le collimateur des magouilles. En effet, parmi les candidats en lice au concours d’agrégation, de titularisation et à l’inscription au grade de Maître-assistant, nombreux d’entre eux ne remplissent pas les conditions requises. Certains n’ont pas fait trois publications dans des revues spécialisées qui sont côté par le CAMES. Ces mêmes professeurs ont validé des thèses sans l’appui des évaluateurs, etc. Pire, pendant que le CAMES exige que, seul les enseignants ayant deux ans d’expérience au minimum peuvent postuler aux grades supérieurs mais le Congo fait fi de ces recommandations . Des  cadres recrutés par le Recteur en qualité d’agent technique ont été curieusement bombardé enseignant par le Secrétaire général de l’université Marien Ngouabi enseignant . Les ministres et responsables de CAMES et les professeurs qui siègent aux différents Comités de CAMES sont interpellés sur les différentes candidatures douteuses au risque d’être traité de complaisants ou copinage .

De telles pratiques sont susceptibles d'altérer la qualité de l'enseignement de nos universités et autres établissements d'enseignement supérieurs puisque certains lauréats ne mériteraient aucunement l’obtention de ce Saint Graal.

Ce qui est d'autant plus déplorable, lorsqu'il est prouvé que le stock de connaissances scientifiques d'une nation est source d'innovations et est également l'un des déterminants de son niveau de développement et de son hégémonie relative. L'émergence de l'Afrique doit donc se conjuguer, sans conteste, également avec sa révolution technologique en vue d'adapter les techniques correspondant à ses besoins spécifiques en termes d'amélioration des conditions de vie de ses populations et des techniques industrielles pour valoriser ses ressources en sens large du terme. Ce qui ne peut être réalisable que par la mise en place d'un système d'enseignement notamment supérieur de qualité : critères de sélection des enseignants, programmes et qualité des formations ainsi que des ressources ou moyens mis à disposition. Nous avons les potentialités, les facultés et les capacités idoines pour y parvenir. A contrario, les pratiques honteuses orchestrées par certains collaborateurs de la CAMES y militent à contre courant et ont pour vocation à maintenir le continent africain sous domination et à la merci des prédateurs extérieurs motivés par l'esprit de lucre et souvent au grand dam des populations locales.

L’Afrique est actuellement le deuxième continent le plus peuplé au monde mais occupe la dernière place au palmarès des continents en terme de dépôts de demande de brevets. Elle compte cependant, parmi ses fils des inventeurs qui ont eu des idées de génie pour changer le monde ou presque. Malheureusement, beaucoup d'entre eux ont bénéficié d'un environnement pour mener leurs recherches situé hors du continent africain. Par conséquent, leurs découvertes respectives ne sont pas créditées à leur pays d'origine. Savez-vous par exemple que l'ingénieur  Arthur Zang, le père du Cardiopad, une tablette tactile spéciale permettant de faciliter les examens cardiaques est d'origine camerounaise ou le scanner, très souvent utilisé dans les hôpitaux est l’œuvre du physicien sud-africain Allan McLeod Cormack, ou encore les batteries au Lithium-ion qui font fonctionner nos téléphones portables, très utilisées par des firmes comme Samsung, Nokia ou Apple, est une invention de Rachid Yazami, d’origine marocaine (source : https://invention-europe.com/2017/06/12/classement-des-10-meilleurs-inventeurs-africains/. Le  dispositif africain de l'enseignement supérieur et de recherches doit permettre aux chercheurs et autres génies du continent de mener leurs travaux localement, d'être ainsi moteur de notre développement endogène base de notre indépendance technologique afin d’asseoirs in fine notre puissance future dans le concert des nations. (Affaire a suivre)

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

 

  • 22 July 2019 | 14:07